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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 22:26

Une classe d’école de centre de formation professionnelle découvre la lecture

par Marianne Wüthrich, Zurich

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A l’époque de l’internet, du facebook et du téléphone portable, on lit de moins en moins. Une grande partie des adolescents lit à peine un livre. Certains de mes élèves s’informent sur le chemin du travail superficiellement en lisant un journal gratuit, mais la plupart avouent même qu’ils ne lisent qu’à peine un article minutieusement du début jusqu’à la fin. Comment la génération des 30 et 40 ans pourra-t-elle prendre sa responsabilité envers la société et la vie communautaire, si elle – outre d’autres déficites sociaux – n’est plus capable de lire? Justement en Suisse, il est indispensable pour la préservation de la démocratie que l’on puisse lire diffé­rentes opinions pour se faire une image sur les questions politiques, sociales, culturelles et économiques qui se posent au niveau de la commune, du canton et de la Confédération. Si les citoyens ne consommaient plus, avant un référendum, que les gros titres et les images des affiches des partis politiques, alors ils ne seraient plus aptes à conserver notre système politique qui suppose un haut niveau de formation et de motivation. Mais c’est aussi pour la formation de l’esprit et de l’âme des êtres que la lecture constitue un des piliers fondamentaux, que rien ne peut remplacer.

C’est pourquoi, nous sommes, nous les adultes, les parents et enseignants, appelés à enthousiasmer nos enfants dès le plus jeune âge pour la lecture. Là où ce fondement est absent, il est urgemment nécessaire, même plus tard, quand les adolescents sont déjà plus âgés, de tout essayer afin qu’ils éprouvent le plaisir et l’intérêt de la lecture.
Mes élèves font un apprentissage professionnel de trois ans dans un métier simple au niveau technique. La formation pratique a lieu pendant quatre jours par semaine dans l’entreprise ou lors de cours hors de l’entreprise, les apprentis sont au centre de formation le cinquième jour. La journée scolaire comprend quatre heures de cours dans des matières traitant du métier, une heure de sport et trois heures de culture générale. Dans ce dernier domaine, la lecture appartient naturellement au programme scolaire, pourtant la lecture en classe d’un livre entier dépasse le cadre temporel limité. Toutefois, certains enseignants de culture générale prennent la liberté de lire un livre avec leurs classes.
Le semestre dernier, j’ai proposé à une classe en deuxième année d’apprentissage, de lire un livre en commun. Quelques élèves étaient d’abord sceptiques: Ils disaient prudemment «Seulement si c’est une histoire passionnante …». Ma proposition était de commencer avec la lecture et de les laisser pouvoir décider après trois journées scolaires s’ils voulaient ou non continuer. Tous étaient d’accord avec cela. La classe comprend 20 jeunes gens entre 17 et 20 ans et une seule jeunes filles. Les deux tiers des élèves parlent une langue étrangère et ceux qui ont le suisse allemand comme langue maternelle, ne maîtrisent qu’en partie la langue allemande.

Choix du livre – une entreprise pas aussi simple

Parmi les quatre ou cinq livres qui sont disponibles dans notre médiathèque pour toute une classe, j’ai choisi celui qui me paraissait pour ma classe, certes peu habituée à la lecture, mais intéressée et abordable au niveau humain, le plus approprié: «Das Projekt» (Le projet), un roman pour les jeunes écrit par Alice Gabathuler, une auteure suisse. Il s’agit d’un groupe de quatre élèves d’une classe d’un internat en collège, qui sont assemblés par le hasard et doivent préparer et réaliser un projet commun. Comme chacun d’entre-eux doit lutter contre de graves problèmes personnels complètement différents, et que pas un d’entre-eux ne veut avoir à faire avec les trois autres membres du groupe, il ne leur est d’abord pas possible de coopérer. Seulement peu à peu, ils se rapprochent et dans une situation de détresse extraordinaire, ils se développent en un vrai cercle d’amis.
Bien que j’aie eu quelques doutes en ce qui concerne le contenu de l’histoire et tout particulièrement le langage en partie trop vul­gaire, j’ai eu confiance dans le fait que nous arriverions à discuter de ces aspects. Finalement, les adolescents peuvent dans leur monde multimédiatique lire, entendre et voir toutes sortes de choses, et ont besoin en première ligne d’une instruction afin de pouvoir classer leurs impressions de manière sensée.
Alors, nous avons commencé à lire, chaque semaine environ 45 minutes en classe et en petites portions comme devoirs à la maison. Il s’est rapidement révélé que les élèves étaient très enthousiastes et il n’était plus question d’interrompre la lecture préalablement. De nombreuses discussions, courtes ou plus longues, sur les questions du contenu se sont formées de même que des sé­quences importantes sur la signification linguistique d’un mot ou sur le sens plus appronfondi d’une phrase.

Que nous a apporté la lecture en classe?

Après plusieurs mois, nous avons achevé notre lecture. Pour terminer, j’ai prié les élèves de s’exprimer par écrit sur les trois questions suivantes:
• Que m’a apporté la lecture en classe?
• Qu’est-ce qui m’a impressionné le plus dans le livre?
• La lecture m’aide-t-elle à améliorer mes connaissances linguistiques?
La résonance était extrêmement positive. Il faut remarquer ici que les élèves pouvaient eux-mêmes décider, s’ils voulaient mettre leur nom ou pas. Dans l’espoir d’enthousiamer d’autres enseignants de centres de formation professionnelle pour la lecture d’un livre avec leur classe, je redonne ci-dessous les nombreuses opinions:
«Lorsque nous avons commencé à lire à l’école, j’ai trouvé cela très captivant dès le début. Je pense que cela m’a apporté beaucoup à moi personnellement ainsi qu’à quelques autres.» «Pour la connaissance linguistique, cela aide aussi certainement: On peut apprendre des mots nouveaux et ainsi élargir son vocabulaire.» «Oui, cela m’a apporté beaucoup: C’était un livre captivant: C’était pour moi aussi un bon et nouvel exercice pour améliorer ma lecture et mon vocabu­laire.» «Je peux maintenant lire un peu plus lentement et ainsi écrire les mots comme je les ai lus.» «Ce qui m’aide le mieux, c’est quand quelqu’un lit à voix haute et les autres suivent la lecture, ainsi on peut corriger les fautes ensemble.» «Cela m’a avant tout aidé en lecture et en compréhension. Pour l’orthographe et la construction des phrases, j’ai appris aussi beaucoup.» «J’ai toujours su bien lire, mais avec le livre, je me suis amélioré, je l’ai remarqué aussi à d’autres endroits.» «J’ai appris de nouveaux mots et à les lire correctement.» «J’ai rafraîchi mon vocabulaire et appris de nouveaux mots.» «J’ai toujours été assez bon en lecture. Mais maintenant, je sais que la lecture d’un livre élargit le vocabulaire.» «Comme je suis étranger, cela m’a assez aidé de lire ce livre, bien que je n’aie pas tout compris.» «Comme j’ai l’allemand comme langue maternelle, je n’ai pas de gros problèmes avec la lecture. Cependant, je peux apprendre beaucoup: On peut élargir son vocabulaire grâce à la lecture, ce qui est assez utile pour plus tard. On apprend aussi les structures dans la formation des phrases, que l’on doit savoir. Pour cette raison, la lecture est toujours quelque chose de bien.»
«Cela faisait longtemps que je n’avais plus lu un livre.»
«Je voulais même continuer à lire quand on avait terminé le livre.» «La lecture en classe m’a montré un nouveau côté de la lecture, j’ai vu comment un livre pouvait être captivant ainsi que les nombreuses surprises qu’il peut y avoir.» «La lecture m’a réellement aidé à retrouver de l’intérêt pour les livres. On a pu vraiment s’identifier avec les personnages et inventer une suite.» «Cela m’a encouragé à lire d’autres livres.» «Au début, je croyais que je ne lirais jamais un livre jusqu’à la fin. Mais j’ai remarqué combien cela pouvait être passionnant, interessant et beau. Cela m’a encouragé à lire davantage de livres.» «La lecture en classe m’a redonné le goût de la lec­ture, ce que je fais rarement. Si je lis, c’est tout au plus un magazine de hip-hop.
«J’ai trouvé irresponsable, de la part de l’enseignante dans l’histoire du livre, qu’elle ait tiré les groupes au sort et les ait abandonnés à eux-mêmes ensuite. Elle les a même laissés partir sans accompagnement.»
Lorsque nous avons discuté de ces questions en classe, il s’est révélé que la plupart des adolescents veulent une orientation et une instruction claires. Ils ont critiqué le fait que l’enseignante dans l’histoire ait abandonné les élèves à eux-mêmes et ne les ait pas soutenus. Dans quelques prises de position écrites, certains ont exprimé cette critique.
«Ce qui m’a plu, c’est que l’on a parlé en classe des choses qui étaient difficiles à comprendre. On a pu peut-être apprendre quelque chose qui pourra nous aider plus tard dans la vie.»
«J’ai trouvé le choix du livre bien pour notre classe, car il s’agissait d’adolescents de notre âge, qui rencontrent tout un tas de problèmes.» «J’ai trouvé la lecture en classe super, cela m’a procuré beaucoup de plaisir, car j’ai pu vraiment m’identifier. Avant tout, j’ai trouvé les discussions en classe sur les différents cha­pitres passionnantes. Ici, j’ai bien pu exprimer mon opinion.» «L’histoire est très profonde. J’ai pu comparer beaucoup de personnes du livre avec celles de ma classe. Cela m’intéresserait de savoir comment un tel projet finirait chez nous dans notre classe.» «Ce qui m’a le plus préoccupé c’est que les personnages du livre fréquentaient tous la même classe et ne savaient pourtant rien des autres.»
«Ce qui m’a préoccupé, c’est que l’on a remarqué seulement des années après, ce qui s’était passé avec Michael.» «Ce qui m’a le plus impressionné, c’est que la classe et les enseignants n’ont remarqué qu’après des années les problèmes familiaux graves que connaissait l’un d’entre-eux.» «Cela m’a impressionné, que le déroulement soit décrit de manière très parlante, si bien que l’on pouvait bien s’imaginer l’histoire.» «Ce que j’ai trouvé le plus impressionnant, c’est que Tina, Alex, Jessie et Michael, bien qu’ils soient tous des types humains différents, aient réussi avec le temps à se lier entre eux et à nouer une amitié. Ils ont vécu ensemble un temps dur, ce qui a soudé leur relation.» «Le fait que les élèves se sont bien entendus à la fin m’a impressionné le plus.» «Ce qui m’a le plus impressionné, c’est le fait qu’à la fin les élèves se sont bien entendus.» «Cela m’a impressionné que les élèves aient réussi à la fin à devenir amis.» «La manière dont les quatres élèves ont abordé leurs problèmes et le fait qu’à la fin ils soient devenus solidaires m’a impressionné.»
Que veut-on de plus qu’une résonance aussi véritable et multiple? Prenons cela en main et lisons avec nos élèves!•

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     "La lutte politique qui aboutit à la victoire d'un candidat, avec, par exemple 51% de l'ensemble des voix des électeurs, conduit à un système dictatorial, mais sous un déguisement démocratique. En effet, 49% des électeurs sont gouvernés par un système qu'ils n'ont pas choisi, et qui, au contraire, leur a été imposé. Et cela c'est la dictature. Cette lutte politique peut aussi aboutir à la victoire d'un appareil ne représentant que la minorité, notamment lorsque les voix des électeurs se répartissent sur un ensemble de candidats dont l'un obtient plus de voix que chacun des autres considéré à part. Mais si l'on additionnait les voix obtenues par les « battus », cela donnerait une large majorité. Malgré cela, c'est celui qui a le moins de voix qui est proclamé vainqueur, et son succès est considéré comme égal et démocratique ! Mais en réalité il s'instaure une dictature sous des apparences démocratiques. Voilà la vérité sur les régimes politiques qui dominent le monde actuel. Leur falsification de la vraie démocratie apparaît clairement: ce sont des régimes dictatoriaux."   Mouammar KADHAFI

. "La démocratie directe, quand elle est mise en pratique, est indiscutablement et incontestablement la méthode idéale de gouvernement. Comme une nation, quelle que soit sa population, ne peut être rassemblée pour discuter, étudier et décider de sa politique, les sociétés sont détournées de la démocratie directe, qui est demeurée une idée utopique éloignée de la réalité. Elle a été remplacée par de nombreuses théories de gouvernement, telles que les assemblées parlementaires, les coalitions de partis, les référendums. Toutes ont conduit à isoler le peuple de l'activité politique, à usurper sa souveraineté, et à confisquer son pouvoir au profit d' « appareils de gouvernement » successifs et en conflit, qu'ils soient individu, classe, secte, tribu, Parlement ou parti."  Mouammar KADHAFI

. "La propriété pourrait bien changer de mains, le résultat serait le même: le travailleur demeure un salarié tant qu'il n'a pas été rétabli dans son droit sur sa propre production, et que celle-ci continue à être détournée au profit de la "collectivité" ou de l'employeur.La solution finale à ce problème consiste à abolir le salariat, par la libération de l'homme de l'asservissement dans lequel celui-ci le maintient." (Mouammar KADHAFI)

. "LE LOGEMENT est une nécessité pour l'homme et sa famille. Il ne doit appartenir à personne d'autre qu'à lui. Un homme n'est pas libre quand il habite une maison louée. En matière de logement, la politique suivie par les Etats a consisté à réglementer la location en bloquant ou en augmentant les loyers. La seule solution radicale et définitive est l'accession à la propriété. Dans la société socialiste, nul ne peut être maître des besoins de l'homme. Personne ne peut dans cette société, bâtir un logement autre que pour lui-même et ses héritiers. La maison de l'individu étant un de ses besoins fondamentaux, nul ne peut construire dans le but de louer."  Mouammar KADHAFI

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